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Bioaccumulation

La bioaccumulation, ou bio amplification, désigne le processus par lequel la contamination de l'environnement par des substances chimiques persistantes (y compris des perturbateurs endocriniens et autres substances toxiques) mène à l'accumulation de ces substances chimiques dans l'ensemble d'un écosystème. Dans le cas par exemple du milieu aquatique, la contamination par les organochlorés et d'autres substances toxiques entraînera l'accumulation de ces substances chimiques chez les petits organismes aquatiques. Or lorsque ces petits animaux contaminés deviendront la proie de poissons, d'oiseaux et d'animaux carnivores plus gros, les concentrations de ces substances toxiques augmenteront progressivement chez chaque prédateur. Il y aura aussi bio amplification chez les humains qui se nourriront de la viande de ces animaux, et ces substances toxiques pourraient avoir des effets nocifs sur la santé. Il peut aussi y avoir bioaccumulation des contaminants environnementaux dans d'autres écosystèmes, y compris le sol, l'air et les végétaux.

Cependant, ce ne sont pas toutes les substances toxiques, ni tous les présumés perturbateurs endocriniens, qui sont sujets à la bioaccumulation. Le plus grand risque de bioaccumulation vient en effet des substances chimiques qui sont stables dans l'environnement, et dont la demi vie est relativement longue. Par ailleurs, la substance chimique doit non seulement être stable dans l'environnement, mais aussi être assez résistante au métabolisme à l'intérieur de l'organisme. Les substances chimiques lipophiles (liposolubles) peuvent s'accumuler dans les dépôts adipeux durant bien des années, à l'intérieur d'un organisme. Ce sont ces substances chimiques persistantes, stables et lipophiles qui présentent le plus haut risque de bioaccumulation chez les animaux puis, ultérieurement, chez les humains.

Nous décrivons ci après un exemple de bioaccumulation dans un écosystème du Nord.

Il est possible que les populations du Nord soient particulièrement sensibles à la bioaccumulation de certaines substances toxiques, en raison de leur culture, de leur style de vie et de leur régime alimentaire. De fait, les régimes alimentaires riches en graisses animales, et plus particulièrement ceux qui sont riches en viande et en graisse de phoque, de morse, de baleine, de poissons et d'oiseaux, peuvent contribuer à l'accumulation, chez les humains, de substances chimiques comme les organochlorés. Chez les femmes, les organochlorés dérivés du régime alimentaire s'accumulent dans les tissus adipeux puis sont sécrétés dans le lait maternel et sont ainsi transmis aux bébés durant l'allaitement. Un grand nombre d'études sur l'accumulation des produits chimiques persistants (organochlorés, plomb, mercure) dans les populations du Nord font état de niveaux détectables d'un grand nombre de substances chimiques dans le lait maternel, le sérum, les cheveux et les ongles. Ces études ont mené à la formulation de recommandations en matière de santé qui, il faut espérer, amèneront les populations à modifier leurs pratiques alimentaires et permettront ainsi d'abaisser les niveaux de contamination chimique chez les humains.

 



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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