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Auteurs
Davis, D.L., Gottlieb,M.B., Stampnitzky,J.R. (1998)

Réduction du ratio entre le nombre de naissances masculines et féminines dans plusieurs pays industrialisés : S'agit-il d'un indicateur-sentinelle de la santé?

Les auteurs de cet article formulent l'hypothèse selon laquelle la diminution qui a récemment été observée dans plusieurs pays occidentaux (Canada, États?Unis, Pays-Bas et Danemark) - quant au ratio entre le nombre d'enfants de sexe masculin par rapport au nombre d'enfants de sexe féminin nés au cours des dernières décennies - devrait être considérée comme un indicateur sentinelle de l'effet négatif d'un facteur environnemental nocif quelconque sur la santé de la reproduction humaine. Ce ratio (désigné sex-ratio à la naissance - SRN) se situe habituellement à près de 1,06 (51,3 %) et dépendrait de plusieurs facteurs. Pour cette étude, les auteurs ont examiné les tendances historiques qui se dégagent des données sur le SRN annuel publiées dans des ouvrages faisant état d'une baisse du SRN aux États?Unis (1970-1990), au Canada (1970-1990), aux Pays?Bas (1950-1994) et au Danemark (1960-1995). L'analyse de régression de ces ensembles de données indique une baisse significative (0,1 %) du SRN annuel aux États?Unis durant cette période de 20 ans, cette baisse étant toutefois légèrement inférieure à celles déclarées par d'autres pays (0,3 % aux Pays?Bas, 0,22 % au Canada et 0,2 % au Danemark). Cette diminution de 0,1 % du SRN correspond à une baisse de 38 000 du nombre de naissances masculines. Il convient cependant de souligner qu'aucune de ces études n'a tenté d'établir de lien entre, d'une part, la variation du SRN et, d'autre part, des expositions, des professions, des changements démographiques, etc. particuliers qui pourraient avoir eu une incidence. Cependant, même si l'analyse par Davis et al. ne propose aucune exposition précise de l'ensemble de la population qui puisse expliquer un tel effet, ces auteurs citent des études établissant un lien avec une exposition avec des pesticides, et plus précisément des études liant la réduction du SRN à des expositions au dibromochloropropane, aux dioxines, à la pollution provenant des fonderies de fer, etc.. Selon les auteurs, ces baisses historiques du SRN pourraient être le résultat d'une exposition répandue à certains polluants qui causent une détérioration de la santé de la reproduction et ils ciblent plus précisément les perturbateurs endocriniens. Parmi les autres facteurs cités par ces auteurs pour leurs effets sur le SRN, mentionnons le stress, l'écart entre l'âge des parents, ainsi que la qualité des soins prénatals, les problèmes médicaux et la prise de médicaments. Enfin, il convient de souligner qu'il existe très peu de données à l'appui des mécanismes susceptibles de modifier le sex?ratio. La force de l'analyse faite par Davis et al. tient non pas à ce qu'elle prouve, mais plutôt à l'hypothèse qu'elle soulève et qui pourrait être vérifiée lors d'expériences sur des animaux.



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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