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Auteurs
Marcia E. Hermann-Giddens et al. Pediatrics 99(4), 1997

Caractères sexuels secondaires et début des règles chez les jeunes filles vues en cabinet : Étude des données de recherche pédiatrique recueillies dans un ensemble de cabinets de médecins

Cette étude transversale porte sur plusieurs variables liées au développement sexuel de 17 077 jeunes filles qui ont consulté un médecin en cabinet, en Caroline du Nord. Cette étude est importante, car elle présente des données sur une très large cohorte de jeunes filles et qu'elle laisse croire qu'il existe une sous?population appréciable de jeunes filles chez qui le développement sexuel est plus rapide que dans la population en général. Les données suggèrent en outre que cette sous?population serait composée davantage de jeunes filles de race noire que de race blanche. Les résultats étonnants indiquent en effet que plus de 7 % des fillettes de quatre ans de race noire ont présenté des signes de développement pubertaire, comparativement à moins de 1 % des fillettes de race blanche, et ces proportions ont atteint respectivement près de 50 % et de 15 % à l'âge de 8 ans. Enfin, les jeunes filles noires ont leurs menstruations plus tôt, l'âge moyen aux premières menstruations étant respectivement de 12,16 ± 1,21 contre 12,88 ± 1,20. Les auteurs discutent de ces résultats en regard d'études démographiques antérieures sur la puberté chez les femmes et concluent que, bien que l'âge aux premières menstruations corresponde assez bien aux données historiques (qui remontent à 1948), cette étude laisse croire que le développement des seins et la pilosité pubienne surviennent aujourd'hui plus tôt, en particulier chez les jeunes filles noires. Ces résultats ont été cités pour invoquer l'exposition de la population à des dangers pour la reproduction, même si aucune exposition directe ou implicite n'a pu être estimée durant cette étude. Plus important encore, cette étude a soulevé de grands débats au sujet de la révision de l'âge normal de la puberté chez les filles et du traitement clinique de la puberté précoce.

Les auteurs formulent toutefois certaines mises en garde au sujet de leurs données, la plus importante étant que les sujets ont été choisis parmi des personnes ayant consulté un médecin de famille et subi un examen médical et que rien n'a été fait pour tenter d'exclure les jeunes filles venues consulter à cause de signes de puberté précoce. Comme il existe des états pathologiques qui entraînent des signes de puberté précoce devant être traités cliniquement, la présence de ces cas dans l'échantillon a pour effet d'introduire un biais dans les résultats, en faveur d'un développement pubertaire plus précoce. On ignore dans quelle mesure ce facteur a eu une incidence sur les résultats. Cette étude a néanmoins soulevé des inquiétudes croissantes au sujet de l'âge de la puberté et de la possibilité que des facteurs environnementaux puissent influencer le développement pubertaire.



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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