Auteurs
Henrik Møller (1998)
Tendances relatives au sex-ratio, au cancer des testicules et aux dangers
pour la reproduction chez l'homme : Ces facteurs sont-ils liés?
Un certain nombre
de rapports publiés au cours des dernières années
font état d'une diminution du nombre de naissances masculines
et donc du sex?ratio (% de naissances d'enfants de sexe masculin). On
en sait toutefois très peu sur les facteurs qui ont une incidence
sur le sex?ratio ou sur les mécanismes en cause. Le présent
article est le premier à proposer l'idée que les variations
du sex?ratio des naissances vivantes, qui sont observées dans
certains pays occidentaux, pourraient être associées à
l'incidence accrue de cancer des testicules, ainsi qu'à la présumée
diminution de la qualité du sperme également observée
dans bon nombre de régions industrialisées. Møller
cite plusieurs articles qui font état d'une diminution du sex-ratio
(% de naissances masculines) dans l'ensemble de la population au cours
des dernières décennies et il compare ces données
aux données historiques sur le sex?ratio annuel des quatre pays
scandinaves, en remontant jusqu'en 1750 pour la Suède. Ces données
laissent croire que les récentes tendances relatives au sex?ratio
montrent une diminution du ratio hommes/femmes par rapport au sommet
atteint dans ces pays immédiatement après la Deuxième
Guerre mondiale, cette baisse s'étant poursuivie de façon
constante depuis la guerre. Møller note également que
la hausse observée du cancer des testicules coïncide dans
le temps avec la récente baisse du sex?ratio. Cependant, alors
qu'il semble y avoir corrélation dans le temps entre ces deux
changements, le degré de changement ne concorde pas, puisque
le pays qui enregistre la plus faible baisse de cancer des testicules
(Finlande) est également celui qui affiche la plus forte baisse
- et de loin - du sex?ratio national. Or s'il existait un lien de causalité
entre ces deux changements démographiques, on pourrait s'attendre
à une concordance plus étroite entre les deux, quant au
degré de changement.
Møller va
plus loin et laisse entendre que ces observations basées sur
la population pourraient être liées par un lien de causalité
et il présente de nouvelles données épidémiologiques
à l'appui de cette hypothèse. Il présente ainsi
des données cas-témoin indiquant que la proportion d'enfants
de sexe masculin par rapport aux enfants de sexe féminin, conçus
avant un diagnostic de cancer des testicules (47 %), est inférieure
au sex?ratio moyen observé dans l'ensemble de la population (51,4
%). Il allègue que ce phénomène est relié
à une faible fécondité et il présente, à
l'appui, des données indiquant que les hommes ayant un diagnostic
de cancer des testicules conçoivent moins d'enfants que les hommes
témoins d'âge comparable. L'auteur conclut que les données
présentées appuient l'hypothèse selon laquelle
des dangers encore mal définis nuisent à la santé
de la reproduction des hommes; cette détérioration se
remarque par une augmentation d'un syndrome commun caractérisé
par une diminution de la qualité du sperme, une augmentation
du risque de cancer des testicules et, peut-être aussi, une augmentation
des malformations génitales, bien qu'aucune donnée n'ait
été présentée à l'appui de ce dernier
facteur. Enfin, même si Møller n'énonce aucun danger
en particulier, il cite des exemples d'hommes exposés à
des dioxines et au dichlorobromopropane, chez qui on a observé
une diminution à la fois de la fécondité et du
sex-ratio des descendants. Cet article propose une hypothèse
d'intégration qui établit un lien entre l'exposition à
des contaminants environnementaux et des effets négatifs sur
la santé de la reproduction et qui devrait faire l'objet d'études
épidémiologiques.