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Action hormonale


Oestrogène

Les œstrogènes sont des hormones stéroïdes synthétisées principalement dans les ovaires et les testicules mais aussi, dans une moindre mesure, dans les tissus périphériques. Les œstrogènes endogènes existent sous trois formes, soit l'œstradiol, l'œstrone et l'œstriol. Dans les tissus des mammifères, les œstrogènes exercent des effets biologiques essentiels à la manifestation d'un grand nombre de processus physiologiques. Bien que les œstrogènes soient principalement associés à la reproduction chez les femmes, leur importance sur le système reproducteur masculin et certains phénomènes non liés à la reproduction (comme l'état du système cardio vasculaire et la formation des os) a aussi été établie. On croit également que le tractus gastro intestinal et le système immunitaire seraient d'autres cibles des œstrogènes.

Les récepteurs des œstrogènes (ER) font partie de la superfamille des récepteurs nucléaires, un groupe formé de facteurs de transcription ligand-inductibles, qui sont activés par de petites molécules lipophiles (c. à d., les œstrogènes). Les récepteurs œstrogéniques existent sous deux formes (ERa et ERß) dont la structure des domaines est similaire; ces deux types de récepteurs varient toutefois quant à leurs emplacements et à leurs concentrations dans l'organisme. Les deux comportent aussi plusieurs sous divisions, à savoir un domaine de liaison avec le facteur de croissance (AF-1), un domaine de liaison au ligand (AF-2) et un domaine de liaison à l'ADN (DBD) qui se fixe aux éléments de réponse aux œstrogènes sur le chromosome. Les signaux envoyés diffèrent selon que les œstrogènes se fixent aux récepteurs ERa et ERß : fixés aux récepteurs ERß, les œstrogènes semblent inhiber la transcription des gènes, alors qu'il y a activation de la transcription lorsque les œstrogènes se lient aux ERa.

Grâce aux progrès de la technologie, il nous est maintenant possible de produire des modèles animaux transgéniques in vitro pour étudier les fonctions physiologiques des récepteurs ERa et ERß. Chez les souris, les effets les plus importants associés à un dérèglement des récepteurs ERa (aERKO), ERß (ßERKO) ou des deux (ERa et ERß) se remarquent au niveau du système reproducteur, les souris aERKO mâles et femelles étant complètement stériles, alors que les mâles ßERKO sont fertiles et qu'il y a diminution de la fertilité chez les femelles ßERKO. Chez la femelle, la suppression des œstrogènes empêche la rétrorégulation de la transcription du gène de l'hormone lutéinisante ß (LHß), ce qui entraîne une hausse des taux sériques de LH et perturbe la régulation de la production de gonadotrophines. Chez les mâles, des carences au niveau des spermatozoïdes ainsi qu'une dilatation des tubes séminifères ont été observées chez les sujets aERKO.

La diminution de la production d'œstrogènes peut aussi avoir des effets nocifs sur le système cardio vasculaire. Chez les femmes post ménopausées, les cellules vasculaires ont tendance à proliférer plus rapidement que chez les femmes préménopausées et ceci augmenterait, croit-on, les risques d'athérosclérose, une maladie vasculaire qui se caractérise par le blocage des vaisseaux sanguins sous l'effet de l'accumulation de plaque. Les œstrogènes pourraient donc avoir un effet cardioprotecteur en inhibant la prolifération de ces cellules dans le système vasculaire.

Enfin, une carence en œstrogènes peut aussi accélérer la perte osseuse chez les femmes post ménopausées et mener à l'ostéoporose. De fait, les fluctuations dans la production des œstrogènes influent sur le remodelage osseux, c'est-à dire le processus par lequel il y a formation de nouveaux os et élimination (résorption) des os existants. En conditions normales, les ostéoclastes contribuent à la résorption par l'élimination continue de portions microscopiques d'os, ces lacunes étant ensuite comblées par l'action des ostéoblastes qui produisent de nouveaux os. Or la diminution du taux d'œstrogènes a pour effet d'accroître l'action des ostéoclastes, de sorte que la perte osseuse se produit plus rapidement que la formation osseuse et que les os deviennent plus fragiles.

 



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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