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Action hormonale


Hormones thyroïdiennes

L'hypothalamus secrète la thyrolibérine (TRH) qui stimule la production de thyrotrophine (TSH) dans l'adénohypophyse. La TSH stimule en retour la synthèse et la sécrétion d'hormones thyroïdiennes par la thyroïde. Des concentrations sériques élevées d'hormones thyroïdiennes inhibent la sécrétion de TRH et de TSH, selon une boucle de rétroaction négative classique. Les deux principales hormones thyroïdiennes - la thyroxine (T4) et la triiodotyronine (T3) - sont essentielles au métabolisme cellulaire, ainsi qu'à une croissance et un développement normaux. Les hormones thyroïdiennes exercent également d'importants effets sur le système cardio vasculaire, le système reproducteur et le système nerveux central.

Les hormones thyroïdiennes pénètrent dans les cellules par diffusion à travers la membrane cellulaire et elles se lient à des récepteurs spécifiques à l'intérieur du noyau. La transcription des gènes est activée lorsque le complexe hormone récepteur agit sur l'ADN des gènes sensibles. Les nombreux processus physiologiques sensibles à l'action des hormones thyroïdiennes se manifestent par l'intermédiaire de ces récepteurs, lesquels appartiennent à une vaste superfamille de récepteurs nucléaires qui modulent l'expression des gènes en agissant comme des facteurs de transcription activés par les hormones. Les récepteurs des hormones thyroïdiennes comportent trois domaines fonctionnels, c'est à dire un domaine de liaison au ligand, un domaine de liaison à l'ADN et un domaine de transactivation où se forment des complexes avec d'autres facteurs de transcription qui activent ou inhibent la transcription. Les quatre récepteurs des hormones thyroïdiennes actuellement connus chez les mammifères sont les récepteurs alpha-1, alpha-2, bêta-1 et bêta-2, et les profils d'expression de ces différentes formes varient selon le tissu et le stade de développement.

Les hormones thyroïdiennes exercent un effet marqué sur le métabolisme des lipides et des glucides. Ces hormones augmentent ainsi le métabolisme basal en stimulant l'activité métabolique dans la plupart des tissus, et cette activité donne lieu notamment à l'élévation de la température corporelle. Il existe par ailleurs une corrélation inverse entre les taux d'hormones thyroïdiennes et les concentrations de triglycérides et de cholestérol dans le plasma. La mobilisation des graisses est stimulée par la hausse des taux d'hormones thyroïdiennes, ce qui entraîne une augmentation des concentrations plasmatiques d'acides gras. Ces hormones favorisent également, dans bien des tissus, l'oxydation des acides gras. Quant au métabolisme des glucides, les hormones thyroïdiennes augmentent la biosynthèse de nouveau glucose et stimulent l'entrée du glucose dans les cellules.
En plus d'intervenir dans la régulation du métabolisme, les hormones thyroïdiennes ont des effets directs sur le développement des muscles et des os. Ces hormones assurent ainsi la croissance normale des muscles, en contrôlant la synthèse et la dégradation des protéines. La sécrétion d'une quantité excessive d'hormones thyroïdiennes diminue la synthèse, mais augmente la dégradation, des protéines, ce qui donne lieu à un état catabolique. L'effet stimulateur de la croissance qu'exercent les hormones thyroïdiennes sur les os et le cartilage en formation est couplé à celui de l'hormone de croissance, une nette indication d'un contrôle endocrinien multiple.

Enfin, même si les mécanismes par lesquels les hormones thyroïdiennes agissent sur les développement du cerveau du fœtus et du nouveau né demeurent non élucidés, on sait que ces hormones sont essentielles au développement normal du cerveau. Chez les mammifères, la fonction thyroïdienne subit d'importants changements durant la grossesse. L'élévation des taux d'œstrogènes provoque une hausse marquée du taux de globuline liant la T4 (TBG), une protéine de transport. Cette augmentation de la synthèse de la TBG a pour effet d'abaisser la concentration en T4 et d'accroître la sécrétion de TSH par l'hypophyse. Il en résulte une demande accrue exercée sur la thyroïde et donc un accroissement de la production et de la sécrétion de T3 et T4. Des études récentes ont démontré que toute perturbation de la fonction thyroïdienne chez la mère durant le développement du fœtus peut nuire au développement normal du fœtus. Or des études sur des animaux ont démontré que plusieurs contaminants environnementaux déplacent la thyroxine des protéines sériques porteuses de la T4 et augmentent le métabolisme des hormones thyroïdiennes, ce qui donne lieu à un état hypothyroïdien. On craint donc que l'exposition à des contaminants environnementaux puisse aussi avoir une incidence sur la fonction thyroïdienne chez les humains, même si aucune étude épidémiologique ne corrobore pour l'instant l'existence d'un tel phénomène chez les humains.

 



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