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Ateliers
Auteur
Melnick, Ronald L.
Titre
Atelier d'introduction sur la caractérisation des effets des
perturbateurs endocriniens sur la santé humaine aux taux d'exposition
observés dans l'environnement
Journal
Environmental Health Perspectives, 107 (suppl. 4): 603-604, 1999
Sommaire
En mai 1998, le National Institute of Environmental Health Sciences,
l'Environmental Protection Agency (EPA), le National Center for Toxicological
Research de la Food and Drug Administration et la Chemical Manufacturers
Association ont organisé un atelier qui avait pour but de caractériser
les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine,
aux taux d'exposition observés dans l'environnement; cet atelier
s'est tenu à Raleigh (Caroline du Nord), aux États-Unis.
Selon des données isolées recueillies pendant de nombreuses
années, certaines substances chimiques présentes dans
l'environnement produisaient des effets nocifs chez la faune et les
humains en perturbant les signaux endocriniens normaux. Parmi ces effets
nocifs, mentionnons une diminution de la fécondité, des
anomalies congénitales, la perturbation de la différenciation
sexuelle et la manifestation de cancers hormonodépendants. La
perturbation endocrinienne chez les humains a été largement
étudiée, à la suite de l'utilisation tragique du
diéthylstilbestrol (DES) - un strogène de synthèse
qui fut à une époque administré aux femmes pour
prévenir les fausses couches - et de diverses expositions accidentelles
à des produits chimiques (contamination par les dioxines des
résidents de Seveso, en Italie, et consommation d'huile de riz
contaminée par des BPC par des résidents de Yusho et de
Yu-Cheng). Ces incidents déplorables ont démontré
que l'exposition à des contaminants chimiques pouvait avoir des
effets aigus et des effets à long terme, en provoquant notamment
des cancers de l'appareil reproducteur, la stérilité et
des effets potentiellement dévastateurs chez les descendants.
Le ou les mécanismes par lesquels s'exercent ces effets toxiques
restent toutefois à déterminer.
Cet atelier a réuni
des scientifiques spécialisés en toxicologie, en endocrinologie,
en biologie cellulaire et moléculaire, en modélisation
informatique, dans l'évaluation de l'exposition et dans divers
autres domaines, qui ont participé à des séances
de groupe sur les six thèmes suivants :
L'homéostasie
et la fonction endocrine chez les adultes
La fonction endocrine durant le développement
Variabilité inter-espèces, variabilité interindividuelle
et spécificité tissulaire
Relation dose-effet et modélisation mécaniste
Étude de cas : Estimation du risque lié à l'exposition
au diéthylstilbestrol (DES)
Étude de cas : Estimation du risque associé à
l'exposition aux biphényles polychlorés (BPC) dans l'environnement
Durant chaque séance,
les participants ont traité de différents thèmes
principaux, notamment de l'utilisation des études sur les animaux
et des modèles mécanistes, de l'importance des modèles
à faible dose, des relations dose-effet et des paramètres
et biomarqueurs pathophysiologiques de la perturbation endocrinienne
fréquemment utilisés chez les animaux et les humains.
Les conclusions
qui se dégagent des discussions de ces groupes de travail sont
résumées ci-après.
- Les effets nocifs
sur la santé doivent être clairement définis en
fonction de leur importance biologique, et pas seulement de leur signification
statistique. Un des groupes de travail a proposé la définition
suivante : un effet nocif résultant d'une perturbation endocrinienne
s'entend de tout changement dans un paramètre homéostatique
qui se situe en dehors des fourchettes des valeurs normales pour une
espèce donnée.
- La sensibilité
aux effets nocifs des perturbateurs endocriniens peut augmenter durant
certaines périodes précises du développement,
et plus particulièrement durant le développement de
l'embryon et du ftus où il a été démontré
que l'exposition à certains produits chimiques entraîne
des anomalies à long terme du développement et de la
reproduction. Donc, des études sur l'exposition aux produits
chimiques, qui seraient conçues pour examiner les effets chez
des animaux ou des humains à l'âge adulte, ne produiront
pas nécessairement des données utiles à l'évaluation
de l'exposition in utero aux mêmes produits.
- La conception
d'études ayant pour but d'examiner les effets nocifs de faibles
doses de produits chimiques est un des principaux thèmes qui
est ressorti de l'atelier. Cependant, pour être en mesure d'attribuer
vraiment un ou plusieurs mécanismes d'action endocrinienne
à une substance chimique donnée, il faut démontrer
que cette substance agit sur la liaison aux récepteurs et la
signalisation post-récepteur ou augmente la production ou la
vitesse de renouvellement des hormones dans les tissus cibles. Il
faudrait également déterminer les relations dose-effet
pour les composés à l'étude, à partir
de données portant sur différentes périodes du
développement. Cependant, l'expression " faible dose "
est assez discutable. Ainsi, tout en insistant sur l'importance des
évaluations à faible dose, les groupes de travail ont
omis de préciser les gammes de doses qui correspondraient à
cette définition. Qui plus est, il ne fait aucun doute que
les expositions, même à de faibles doses, dépassent
largement les doses que l'on retrouve actuellement dans les contraceptifs
oraux. Donc, comme les produits chimiques présents dans l'environnement
sont beaucoup moins puissants que les contraceptifs oraux et que les
niveaux d'exposition aux contaminants environnementaux devraient eux
aussi être nettement moindres, l'expression " faible dose
" n'est peut-être pas tout à fait indiquée.
- La mise au point
de modèles mécanistes pour évaluer les effets
d'un composé sur un système modèle suscite un
vif intérêt. Le succès de tels modèles
est toutefois fortement tributaire du choix des composés à
analyser et de l'établissement de paramètres biologiques
clairement définis; malgré tout, ces modèles
s'avéreraient fort utiles en offrant la possibilité
d'appliquer, par extrapolation, les résultats obtenus pour
déterminer les relations dose-effet chez différentes
espèces. L'utilisation d'un modèle pourrait en outre
aider à déterminer l'importance de la spécificité
des espèces, des sujets et des tissus, dans la manifestation
des effets nocifs sur la santé. Enfin, il importe de souligner
que, même si l'utilisation d'un modèle peut aider à
la conception de l'étude, à la sélection des
modèles animaux et à la comparaison des composés
testés, la modélisation mécaniste informatisée
ne peut remplacer les études scientifiques classiques.
- Il convient
d'examiner avec soin les effets aigus et à long terme sur la
santé, qui se sont manifestés à la suite des
expositions accidentelles à des produits chimiques (Seveso,
Yusho et Yu-Cheng) et du mauvais emploi de médicaments d'ordonnance
(DES), afin d'éviter que pareils incidents se répètent
et de mieux comprendre les mécanismes d'action de ces composés
chimiques. Il est donc essentiel de poursuivre les études sur
les mécanismes d'action et la puissance relative de ces composés
chimiques, ainsi que sur la sensibilité aux strogènes
à chaque étape du développement.
- L'évaluation
précise des risques liés à l'exposition aux BPC
exige l'utilisation de protocoles normalisées, quant à
la dose, à la composition des mélanges de congénères
des BPC, aux périodes d'exposition (c.-à-d., adultes
ou nouveau-né) et à la mesure de la contamination par
les BPC. Ces dernières recommandations peuvent s'appliquer
à la plupart des composés expérimentaux pour
lesquels l'absence de méthodes d'évaluation, de doses,
de mélanges et autres paramètres normalisés fait
qu'il est extrêmement difficile d'établir des comparaisons
entre les études.
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