Ateliers
Auteurs
Nira Ben-Jonathan, Ralph L. Cooper, Paul Foster, Claude L. Hughes, Patricia
B. Hoyer, Diane Klotz, Michael Kohn, Dolores J. Lamb et George M. Stancel
Titre
Démarche visant à mettre au point des modèles quantitatifs
pour évaluer les effets, sur l'homéostasie à l'âge
adulte, de l'exposition à des perturbateurs endocriniens présents
en des doses réalistes sur le plan environnemental
Journal
Environmental Health Perspectives, 107 (suppl. 4): 605-611, 1999
Les auteurs de cet
article faisaient partie d'un groupe de travail qui a étudié
les mécanismes par lesquels la perturbation de l'homéostasie
endocrinienne peut causer une pathologie, en s'intéressant tout
particulièrement aux contaminants environnementaux qui agissent
sur les strogènes, les androgènes et les hormones
thyroïdiennes. Plusieurs effets potentiels des contaminants environnementaux
ont été sélectionnés en fonction de la menace
qu'ils semblent présenter pour la santé des sujets exposés
et de la possibilité de mettre au point un ou plusieurs modèles
quantitatifs pour déterminer les effets de faibles doses chez
les humains. Les effets retenus sont le cancer de l'endomètre,
l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique chez la femme (jusqu'au succès
de l'implantation inclusivement), la sénescence de l'appareil
reproducteur féminin, le cancer du sein et les effets nocifs
sur les systèmes cardio-vasculaire et squelettique.
La fonction testiculaire
a été choisie comme paramètre type aux fins de
la modélisation, et le groupe de travail a décidé
de cibler plus précisément la spermatogenèse, les
caractéristiques des spermatozoïdes et la stéroïdogenèse.
La fonction testiculaire offre un modèle d'un système
biologique coordonné, sensible aux effets perturbateurs endocriniens
d'un grand nombre de substances toxiques qui agissent à différents
sites et par des mécanismes divers. De plus, un certain nombre
de modèles animaux (p. ex., les cynocéphales, les rongeurs
et les animaux de ferme) peuvent être utilisés pour étudier
les effets de la perturbation endocrinienne sur la fonction testiculaire,
la structure et la régulation des enzymes qui interviennent dans
la stéroïdogenèse testiculaire étant presque
identiques chez les animaux et les humains. Le grand nombre de modèles
disponibles offre en outre la possibilité d'étudier la
variation de la sensibilité des humains aux perturbateurs endocriniens
potentiels.
Pour la création
des modèles de base devant servir à évaluer la
spermatogenèse et les taux quotidiens de production de spermatozoïdes,
le groupe de travail a décidé d'inclure les mesures précises
suivantes : i) mesures des caractéristiques des spermatozoïdes
(c.-à-d., motilité et morphologie des spermatozoïdes);
ii) mesures des taux d'hormones et de stéroïdes; iii) taux
de production et de dégradation de ces hormones dans diverses
conditions; iv) numération cellulaire dans les principaux types
de cellules des testicules et v) études de la mitose et de la
méiose. Pour le modèle d'évaluation des risques,
le groupe a intégré une variété de procédés
biologiques susceptibles d'être modifiés par la perturbation
endocrinienne, soit : i) la synthèse de la testostérone;
ii) la biotransformation des hormones; iii) la dégradation des
hormones; iv) l'élimination des hormones (c.-à-d., liaison
et distribution) et v) les facteurs influant sur la prolifération
et la mort des cellules dans les testicules. De nombreux autres facteurs,
dont l'âge, le profil pathologique, la variabilité génétique
et les facteurs liés au style de vie, ont aussi été
inclus dans le modèle visant à évaluer les effets
de la perturbation endocrinienne sur la fonction testiculaire.
Aux fins de l'évaluation
quantitative, le groupe de travail a défini un effet nocif résultant
de la perturbation endocrinienne comme tout changement dans un paramètre
homéostasique (c.-à-d., taux d'hormones, clairance des
stéroïdes) qui se situe en dehors de la fourchette normale
des valeurs pour une espèce donnée. Il s'agit d'un point
important dont on a jusqu'ici peu tenu compte, que ce soit dans les
ouvrages de toxicologie générale ou dans les études
sur les perturbateurs endocriniens chimiques. Selon les auteurs, l'importance
biologique d'un effet doit servir de norme de référence
car, bien qu'importante, la signification statistique ne suffit pas.
Ce dernier point est certes intéressant, mais il ne faut pas
oublier que les données prouvant l'existence d'un changement
provoqué par une substance chimique s'appliquent surtout aux
sujets d'une population, qui sont sensibles aux effets nocifs ou dont
les taux hormonaux se situent déjà près des limites
de ce que l'on considère normal.
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