Caractérisation du risque
Afin de pouvoir prendre la meilleure décision qui soit au moment
d'évaluer le danger associé à une substance donnée,
il faut examiner avec soin toutes les données toxicologiques
et épidémiologiques disponibles. Il faut en outre tenir
compte de la qualité des données, de la pertinence biologique
des paramètres de la santé mesurés, de la cohérence
des résultats entre les études et de l'ampleur des effets
observés. La validité globale des données invoquées
pour qualifier une substance de " dangereuse " peut ensuite
être évaluée au moyen d'une approche basée
sur le poids de la preuve.
L'évaluation
du poids de la preuve devant servir à caractériser le
risque associé à une substance toxique potentielle peut
se faire de diverses façons. Une de ces méthodes repose
entièrement sur le jugement d'experts qui se prononcent sur la
validité des données et offrent une opinion éclairée,
mais néanmoins personnelle. Une autre approche, très différente,
repose sur des méthodes mathématiques plus objectives,
comme l'analyse bayésienne, et consiste à examiner les
données de façon séquentielle puis à les
utiliser pour formuler des jugements a priori et a posteriori. Il y
a également une approche intermédiaire, selon laquelle
un groupe discute des données disponibles, formule d'autres arguments
et s'entend ensuite collectivement sur un jugement. Le site Web EM-COM
propose un cadre simple pour évaluer le poids
de la preuve en vue de déterminer si une substance est
toxique pour le système endocrinien.
Comme nous l'avons
vu dans les sections qui précèdent, il n'est pas facile
d'identifier et de classer les perturbateurs endocriniens. Les perturbateurs
endocriniens potentiels englobent en effet un grand nombre de catégories
différentes de produits chimiques et la caractérisation
du risque doit se faire séparément pour chaque substance
toxique. Par ailleurs, on ne possède généralement
pas suffisamment de données pour caractériser pleinement
les risques que présente une substance toxique qualifiée
de " perturbateur endocrinien " pour la santé humaine.
Ceci ne réduit pas pour autant l'importance de procéder
à des analyses et des évaluations rigoureuses, en vue
de déterminer les propriétés, les mécanismes
d'action et l'importance biologique de ces présumées substances
toxiques. En terminant, voici quelques uns des principaux aspects à
améliorer:
- mise au point
de modèles animaux appropriés;
- détermination
des périodes critiques d'exposition (période d'exposition);
- mesure des effets
à des doses faibles, représentatives des doses environnementales;
- détermination
des mécanismes d'action;
- mise en commun
des données épidémiologiques et création
de bases de données nationales et internationales sur les maladies;
- amélioration
de la coopération et de la collaboration entre les chercheurs
qui étudient les effets chez les humains et les espèces
fauniques;
- caractérisation
des mélanges de substances chimiques et de leurs effets toxiques
potentiels sur le système endocrinien;
- identification,
dans une population, des sujets très sensibles aux effets des
toxiques endocriniens;
- caractérisation
des interactions gène environnement;
- connaissances
fondamentales de la physiologie normale du système endocrinien
chez les humains et les espèces fauniques.
L'évaluation
du risque comporte les quatre étapes suivantes : identification
du danger, évaluation dose-réponse,
et évaluation de l'exposition