Une
nation toxique : Rapport sur la pollution chez les Canadiens
L'organisme Défense environnementale a récemment publié
un rapport intitulé Une nation toxique : Rapport sur la pollution
chez les Canadiens. Ce rapport présente les résultats
d'analyses de sang et d'urine qui ont été faites chez
11 sujets bénévoles, en vue du dépistage des groupes
de métaux et de composés chimiques suivants : métaux
lourds, biphényles polychorés (BPC), polybromodiphényléthers
(PBDE), composés perfluorés, pesticides organochlorés,
métabolites d'insecticides organophosphorés et composés
organiques volatils (COV).
Au total, 60 des
88 composés chimiques analysés ont été détectés
- soit 18 métaux lourds, cinq PBDE, 14 BPC, un composé
perfluoré, dix pesticides organochlorés, cinq métabolites
d'insecticides organophosphorés et sept COV - chaque sujet de
l'étude présentant en moyenne 44 produits chimiques. Le
rapport précise également les concentrations minimale,
maximale et médiane pour chaque groupe de produits chimiques
et classe les produits chimiques détectés entre les catégories
suivantes, selon leurs effets connus ou soupçonnés sur
la santé : cancérogènes (41 substances détectées),
modulateurs endocriniens (27), toxines respiratoires (21) et agents
toxiques pour la reproduction ou le développement (53).
Bien que ces résultats
aident à mieux comprendre la charge de produits chimiques auxquels
les Canadiens sont exposés, l'étude comporte un certain
nombre de limites importantes. Il convient d'abord de rappeler que l'étude
n'a porté que sur un échantillon non aléatoire
de 11 sujets volontaires. Or il est impossible, avec un échantillon
aussi petit, d'appliquer par extrapolation les résultats obtenus
à l'ensemble des Canadiens. Une des conclusions principales du
rapport est que les taux de BPC sont moins élevés chez
les sujets plus jeunes de l'étude que chez les plus âgés.
Autre conclusion, ce rapport s'appuie sur la détection d'un seul
composé perfluoré chez les participants pour conclure
que la contamination par les composés perfluorés est vraisemblablement
répandue au sein de la population canadienne. Ces conclusions
ne peuvent toutefois pas être justifiées avec un nombre
aussi restreint de participants.
Une autre limite
importante a trait au lien qui est fait entre l'exposition aux produits
chimiques et les effets sur la santé humaine. Le rapport classe
chaque composé chimique en fonction de ses effets connus ou soupçonnés
sur la santé, et précise le nombre de produits chimiques
dans chaque catégorie. Cependant, il convient de noter que, pour
bon nombre des produits chimiques évalués, les données
établissant des liens avec des effets précis sur la santé
humaine demeurent non concluantes. De plus, on ignore toujours quel
niveau d'exposition est susceptible de causer des effets chez les humains
et dans quelle mesure les taux mesurés dans l'étude se
comparent à ceux observés dans la population en général.
Enfin, les données scientifiques demeurent limitées quant
aux périodes critiques d'exposition qui contribuent à
la manifestation d'effets précis sur la santé humaine.
La mise en uvre
de vastes programmes de surveillance basés sur la population
aiderait à déterminer les taux réels de produits
chimiques dans la population canadienne et à évaluer la
fluctuation de ces taux au fil des ans. Il serait également utile
- aux fins de l'élaboration d'une stratégie réglementaire
- de faire un examen plus approfondi des effets sur la santé
humaine qui sont associés à l'exposition aux produits
chimiques, aux taux observés dans la population en général,
et de déterminer s'il existe une période critique d'exposition
à ces produits.
Références
Défense environnementale.
9 novembre 2005. Des substances chimiques toxiques polluent l'organisme
des Canadiennes et des Canadiens. http://www.environmentaldefence.ca/toxicnation/press/realeases/20051109f.htm
Défense environnementale.
2005. Une nation toxique : Rapport sur la pollution chez les Canadiens.
http://www.environmentaldefence.ca/toxicnation/resources/publications.htm