le site d'information sur la perturbation endocrinienne


Ateliers

Auteurs
Cheryl Walker, S. Ansar Ahmed, Terry Brown, Shuk-Mei Ho, Leslie Hodges, George Lucier, Jose Russo, Nancy Weigel, Tom Weise et John Vandenbergh

Titre
Spécificité de la signalisation endocrinienne selon l'espèce, le sujet et le tissu

Journal
Environmental Health Perspectives, 107 (suppl. 4): 619-624, 1999

La sensibilité aux perturbateurs endocriniens varie selon l'espèce, les sujets d'une même espèce et les tissus. Au niveau de l'espèce, les différences sont liées à la liaison aux récepteurs, à la transcription génétique et à la réaction des cellules aux substances qui agissent sur le système endocrinien. Parmi les facteurs dont l'expression diffère selon l'espèce et qui peuvent avoir une incidence sur la liaison aux récepteurs des agents à action hormonale, mentionnons : i) les protéines de liaison sériques qui séquestrent les hormones ou les transportent dans les cellules cibles; ii) le domaine de liaison aux ligands des récepteurs des hormones stéroïdes et iii) l'activation du récepteur indépendante du ligand. Pour l'étude de la transcription, le groupe de travail a discuté de la possibilité de mettre au point une puce à ADN hormonosensible qui servirait à surveiller les variations dans l'expression génétique chez différentes espèces, sous l'effet d'hormones endogènes et exogènes. Les fluctuations hormonales causées par les perturbateurs endocriniens chimiques sont également propres à l'espèce, tout comme la période de sensibilité aux effets des produits chimiques exogènes.

La sensibilité aux perturbateurs endocriniens peut aussi varier entre les sujets de sous-populations diverses (période prénatale, post-natale, péripubertaire, adulte et populations âgées). Parmi les facteurs génétiques susceptibles de prédisposer aux effets nocifs des perturbateurs endocriniens sur la santé, mentionnons le polymorphisme des gènes intervenant dans le métabolisme des hormones stéroïdes et des gènes cibles. Le groupe de travail a défini plusieurs domaines de recherche à examiner, qui sont liés aux facteurs responsables des différences interindividuelles de sensibilité. Il importe notamment d'étudier le polymorphisme des récepteurs et l'impact de ce phénomène sur l'activation des récepteurs par les perturbateurs endocriniens. Il faut aussi poursuivre les recherches pour confirmer ou infirmer les études actuelles qui établissent un lien entre le polymorphisme génétique et le risque accru d'une maladie donnée. Des facteurs extrinsèques, comme le régime alimentaire, la situation socio-économique et l'obésité, pourraient aussi avoir une incidence sur la sensibilité individuelle aux maladies hormonodépendantes.

Enfin, plusieurs facteurs spécifiques des tissus peuvent avoir une incidence sur la réaction des différents tissus aux perturbateurs endocriniens. Ainsi, le nombre de récepteurs tissulaires et leur répartition dans les tissus confèrent au tissu un profil d'expression spécifique (p. ex, les récepteurs d'oestrogènes a et b), et ces différences dans le profil d'expression génétique pourraient contribuer à la spécificité des réactions tissulaires (c.-à-d, enzymes métabolisant les hormones). L'activité des récepteurs peut aussi différer selon le tissu et l'espèce. Ces différences spécifiques des tissus laissent croire que les effets cellulaires néfastes des perturbateurs endocriniens pourraient s'exercer par le biais de multiples mécanismes cellulaires. D'où l'importance de déterminer les mécanismes qui entrent en jeu dans les réactions provoquées par divers perturbateurs endocriniens, à différentes doses.

L'utilisation de modèles in vivo et in vitro, et la mise au point de modèles mathématiques, seront utiles pour déterminer le rôle de la spécificité de l'espèce, du sujet et du tissu en regard des effets nocifs sur la santé provoqués par des perturbateurs endocriniens présents en faibles doses.

>prochain sommaire de cet atelier

 



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
info@emcom.ca