le site d'information sur la perturbation endocrinienne



Auteurs
Cantor K.P., P.T. Strickland, J.W. Brock, D. Bush, K. Helzlsouer, L.L. Needham, S.H. Zahm, G.W. Comstock et N. Rothman

Titre
Risk of non-Hodgkin's lymphoma and prediagnostic serum organochlorines: ss-hexachlorocyclohexane, chlordane/heptachlor-related compounds, dieldrin, and hexachlorobenzene

Journal
Environmental Health Perspectives, 2003;111(2): 179-84

Résumé
Depuis les 30 à 40 dernières années, l'incidence du lymphome non hodgkinien (LNH) et le taux de mortalité y afférent sont en hausse aux États Unis et dans d'autres pays. Cette augmentation de l'incidence de la maladie a été attribuée dans certains cas à la prise d'immunosuppresseurs et à la hausse du taux d'infection par le VIH; dans bien des cas, toutefois, l'étiologie demeure inexpliquée. Certaines études cas-témoins et autres types d'études ont établi une corrélation entre l'exposition à des solvants organiques, à des pesticides et autres substances chimiques et l'augmentation du risque de LNH. Dans une étude cas-témoin menée en milieu hospitalier, les taux sériques de chlordane et de substances apparentées ont été associées au risque de LNH, alors que d'autres études cas-témoin basées sur la population ont lié ce risque à une exposition à des pesticides organochlorés (à partir des données déclarées par les agriculteurs). Dans la présente étude, Cantor et al. ont examiné le lien entre les taux sériques d'organochlorés et le risque de LNH.

Dans le cadre de cette étude cas-témoins emboîtés, chaque cas recensé parmi des sujets inscrits dans le Registre du cancer du comté de Washington a été apparié à deux témoins. Les " cas " étaient des sujets chez qui le diagnostic de LNH a été confirmé, qui n'avaient aucun antécédent de cancer avant le diagnostic et pour lesquels on possédait des échantillons de sérum (prélevés avant le diagnostic) pour fins d'analyse. Pour leur part, les témoins ne présentaient aucun antécédent de cancer et ils ont été appariés en fonction de l'âge, du sexe, de la date de naissance (moins d'un an d'écart) et de la disponibilité d'échantillons de sérum pour l'analyse. Ont été mesurés les composés organochlorés suivants : substances apparentées au lindane [lindane ( -hexachlorocyclohexane) et ( hexachlorocyclohexane), quatre composés apparentés au chlordane ou à l'heptachlore (chlordane/heptachlore : trans nonachlore, heptachlore, époxyde d'heptachlore et oxychlordane), deux substances apparentées à l'aldrine (dieldrine et endrine), l'hexachlorure de benzène, le mirex, quatre composés apparentés au DDT et 28 congénères des BPC. Toutes les valeurs ont été corrigées en fonction du taux total de lipides sériques.

Cette étude n'a révélé aucune association entre le LNH et aucune des substances chimiques mesurées dans les échantillons de sérum prélevés avant le diagnostic, ceci venant contredire les résultats d'études précédentes laissant croire à un lien entre des composés organochlorés et l'augmentation du risque de LNH. La présente étude comporte plusieurs éléments positifs, notamment l'utilisation d'un modèle cas témoins emboîtés et d'échantillons de sérum pour l'analyse (éliminant ainsi le biais différentiel), ainsi que la correction en fonction du taux de lipides sériques. Les résultats négatifs doivent malgré tout être interprétés avec prudence. Il est possible en effet que des facteurs de confusion n'aient pas été pris en considération, tout comme il se peut que la correction des mesures en fonction des lipides ait contribué à ces résultats négatifs. Bon nombre des composés analysés dans cette étude ont déjà été reconnus comme des substances cancérogènes lors d'essais biologiques sur des animaux, et les données épidémiologiques - bien que peu nombreuses - laissent croire que ces organochlorés seraient également cancérogènes chez les humains et qu'ils pourraient être liés au LNH. Bon nombre de ces substances chimiques auraient aussi un effet perturbateur sur le système endocrinien et ont été associées à d'autres problèmes de santé chez les humains. Les auteurs ne discutent pas du mécanisme d'action biologique des organochlorés qui causeraient le LNH. Le LNH a été lié au virus d'Epstein-Barr lequel, croit on, serait associé à l'exposition à des organochlorés. Il importe de poursuivre les études sur l'étiologie du LNH, les facteurs de risque associés à l'exposition aux organochlorés et le mécanisme biologique par lequel ces composés pourraient provoquer l'apparition de cette maladie.

 



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
info@emcom.ca