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Auteurs
Charlier C, A. Albert, P. Herman, E. Hamoir, U. Gaspard, M. Meurisse et G. Plomteux

Titre
" Breast cancer and serum organochlorine residues "

Journal
Occupational and Environmental Medicine, 60: 348-351, 2003

Sommaire
Le cancer du sein est une des formes de cancer les plus répandues chez les femmes des pays industrialisés. De plus, le taux d'incidence de ce cancer est en progression depuis les dernières décennies, mais cette hausse ne peut être attribuée uniquement à l'amélioration sensible des méthodes de dépistage et on croit que les perturbateurs endocriniens seraient des facteurs de risque environnementaux liés à l'apparition de ce cancer.

L'étude menée par Charlier et al. avait pour but de comparer les taux sanguins de DDT et de HCB chez 159 femmes belges souffrant d'un cancer du sein confirmé et 250 témoins vraisemblablement en bonne santé. Pour les deux analyses, les concentrations sériques ont été quantifiées par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse. L'organochloré p,p'-DDE (un isomère du DDT) est le pesticide qui a été le plus souvent décelé (dans environ 84 % des échantillons). À l'intérieur du groupe témoin, aucun résidu de pesticide n'a été décelé chez 24 % des femmes, tandis que seulement 2,5 % des femmes atteintes de cancer du sein n'ont présenté aucun résidu décelable. Par ailleurs, les concentrations sériques totales de DDT et de HCB ont été nettement plus élevées chez les femmes souffrant de cancer du sein que chez les témoins. Cependant, aucune corrélation n'a été observée entre, d'une part, l'état des récepteurs des œstrogènes (connu pour 102 femmes du groupe atteint de cancer du sein) et la taille des tumeurs (documentée chez 90 femmes) et, d'autre part, les concentrations totales de DDT ou de HCB. Les données recueillies à l'aide d'un questionnaire remis aux participantes ont permis d'établir que les deux groupes de femmes présentaient un profil similaire quant à leur milieu de vie, à la pratique de l'allaitement et au tabagisme, et aucune corrélation n'a été observée entre les taux mesurés de DDT et de HCB et le tabagisme ou le milieu de vie. Enfin, les concentrations de DDT ont fluctué selon l'âge, mais non celles de HCB.

La présente étude laisse croire que l'association entre les taux sériques de DDT et de HCB et le cancer du sein est plus marqué chez les patientes souffrant de cancer du sein que chez les témoins. Il convient toutefois de préciser que les résultats des études qui corroborent ce lien sont contradictoires. De plus, comme toutes les études épidémiologiques diffèrent quant à la population choisie, aux composés décelés, à la période d'échantillonnage et aux méthodes d'analyse utilisées, les résultats doivent être interprétés avec prudence et il faut poursuivre les recherches sur le rôle des organochlorés dans l'apparition du cancer.

 



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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