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Auteurs
Cooper GS, Klebanoff MA, Promislow J, Brock JW, Longnecker MP.

Titre
"Polychlorinated biphenyls and menstrual cycle characteristics"

Journal
Epidemiology 2005 Mar; 16(2):191-200

Sommaire
Il a été démontré que les polluants organochlorés persistants comme les biphényles polychlorés (BPC) et les polluants comme le p,p-DDE (1,1-dichloro-2,2-bis(4‑chlorophényl)éthène) – principal métabolite du dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) – ont des effets sur le système endocrinien aux niveaux d’exposition naturelle. Des études sur des animaux portent ainsi à croire que ces polluants pourraient avoir une incidence sur les caractéristiques du cycle menstruel, mais les études sur les humains sont peu nombreuses et leurs résultats sont contradictoires.

La présente étude a examiné les effets de l’exposition aux BPC et au DDE sur les caractéristiques du cycle menstruel de femmes qui participaient à un projet périnatal en collaboration. Cette étude de cohortes prospective, menée auprès de femmes enceintes suivies dans 12 centres américains entre 1959 et 1965, avait pour but d’examiner l’étiologie des troubles neurologiques et d’autres affections chez les enfants. Des détails sur le cycle menstruel avant la grossesse, y compris sur la durée et la régularité du cycle et sur la durée des saignements, ont été obtenus dès le début de l’étude. Les taux sériques de onze congénères des BPC, de DDE, de p,p-DDT, de cholestérol et de triglycérides ont été mesurés dans des échantillons de sang prélevés au moment de l’inscription à l’étude. Des données sur de possibles variables confusionnelles – comme l’âge, la race, l’indice de masse corporelle avant la grossesse, l’indice socioéconomique, les antécédents de tabagisme, l’âge à l’apparition des premières règles, la parité et l’intervalle gravidique – ont aussi été recueillies.

Au total, 2 314 sujets ont été inclus dans l’étude; les femmes qui prenaient des contraceptifs oraux, ou pour lesquelles des données sur l’exposition, sur les caractéristiques du cycle menstruel ou sur les variables confusionnelles étaient manquantes, ont été exclues. L’exposition au DDE ou aux BPC a été répartie en cinq groupes, en fonction du poids humide ou des taux sériques de lipides dans les échantillons de sang. Deux analyses par sous‑groupe ont également été réalisées pour évaluer les erreurs de classification, la première limitant l’analyse aux primipares et l’autre excluant les femmes qui avaient donné naissance à un bébé vivant durant les deux années précédant leur inscription à l’étude.

Aucune association n’a été observée entre, d’une part, la durée moyenne des saignements, la prévalence des saignements abondants ou la dysménorrhée et, d’autre part, les taux de DDE ou de BPC. De même, aucune association n’a été établie entre l’exposition au DDE et la durée du cycle. Les analyses par sous‑groupe ont toutefois révélé un effet possible du DDE et des BPC sur l’irrégularité du cycle menstruel, une association significative étant observée entre l’augmentation des taux sériques de BPC et la prolongation du cycle (différence de 0,7 jour entre les catégories d’exposition maximale et minimale).

            En résumé, cette étude révèle que l’exposition aux BPC prolonge la durée du cycle menstruel. Elle laisse également croire à un effet possible du DDE et des BPC sur l’irrégularité du cycle, même si les données à cet effet demeurent faibles. La large taille de l’échantillon est un avantage de cette étude qui, il convient de le souligner, est la première étude de grande envergure à examiner le lien entre l’exposition à de faibles doses de BPC et de DDE et les caractéristiques du cycle menstruel. En revanche, le fait que les caractéristiques du cycle menstruel examinées durant l’étude aient été déterminées à partir des données déclarées par les participantes constitue une limite importante, car la mémoire peut faire défaut. Parmi les autres limites importantes, mentionnons l’absence de définitions précises de l’irrégularité du cycle et de l’abondance du flux menstruel, ainsi que la catégorisation de la dysménorrhée en fonction de l’auto-déclaration des effets de la douleur – par exemple en fonction de la prise de médicaments ou de la difficulté à poursuivre normalement ses activités quotidiennes, plutôt qu’en fonction de l’intensité réelle de la douleur. Dans l’ensemble, cette étude indique qu’une exposition à de faibles doses de BPC a une incidence sur certaines caractéristiques du cycle menstruel.




© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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