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Auteurs
Dalvie, M., J. Myers, M. Thompso

Titre
" The long-term effects of DDT exposure on semen, fertility and sexual function of malaria vector-control workers in Limpopo Province, South Africa "

Journal
Environmental Research, 96: 1-8, 2004

Sommaire
Des données épidémiologiques semblent indiquer que la fonction de reproduction chez les hommes s'est détériorée au fil des ans. Certains rapports font en effet état d'une diminution de la qualité du sperme et d'une incidence accrue de cancer des testicules, de cryptorchidie et d'hypospadias dans bien des régions du monde - effets que certains ont attribué aux perturbateurs endocriniens chimiques, naturels et synthétiques, qui peuvent imiter les effets des hormones naturelles. On croit par exemple que le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) - ce pesticide largement utilisé pour lutter contre le paludisme dans les pays en développement - pourrait induire de tels effets hormonaux et perturber les phénomènes physiologiques normaux.

Dalvie et al. ont mené une étude transversale auprès de 60 travailleurs d'un centre de lutte contre le paludisme situé dans une province d'Afrique du Sud. Cette étude avait pour but d'évaluer les effets à long terme du DDT sur la reproduction. Un examen physique du système reproducteur et une analyse du sperme ont été réalisés pour évaluer les paramètres de la fonction de reproduction. Un questionnaire a aussi été remis aux participants, afin de recueillir des données sur la fonction sexuelle et sur les antécédents génésiques et professionnels.

La numération, la densité et la motilité des spermatozoïdes ont été évalués selon les critères de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), alors que l'étude morphologique des spermatozoïdes a été basée sur les critères de Tygerberg. Soixante pour cent des échantillons ont présenté un volume de sperme inférieur à la normale et 41 % ont obtenu une numération des spermatozoïdes sous le critère de référence. Les résultats de l'étude morphologique des spermatozoïdes ont été particulièrement bas, avec 84 % des échantillons se situant dans la fourchette d'hypofertilité. La position anormale des testicules a été l'anomalie génitale la plus souvent décelée à l'examen physique, celle ci étant rapportée chez 71 % des sujets. Les chercheurs ont également demandé aux participants d'indiquer s'ils avaient éprouvé un des problèmes suivants : baisse de la libido, difficulté à parvenir à une érection complète, éjaculation précoce ou incapacité d'éjaculer. Le pourcentage de répondants ayant déclaré un de ces problèmes auto évalués a varié de 10 % à 20 %. Aucune corrélation statistiquement significative n'a toutefois été observée entre ces symptômes d'un dysfonctionnement sexuel et la mesure de l'exposition au DDT, après correction en fonction de l'âge et du niveau de scolarité. Une analyse de régression multivariable a été faite pour mesurer l'association entre les taux de DDT et les paramètres d'évaluation du sperme. Alors qu'une association significative a été établie entre la densité des spermatozoïdes et les taux sériques d'un des composants du DDT le DDE (1,1-dichloro-2,2-bis(p-chlorophényl)éthylène)], une association négative a été observée entre la numération des spermatozoïdes et le taux de DDT.

Cette évaluation basée sur des critères normalisés a révélé que qualité du sperme était, dans l'ensemble, inférieure à la normale. Les auteurs croient cependant que les critères utilisés pour l'analyse morphologique du sperme étaient peut-être trop rigoureux pour cette étude. De fait, peu d'associations statistiquement significatives ont été établies entre les paramètres du sperme et les mesures de l'exposition, si ce n'est une diminution du nombre de spermatozoïdes associée de façon négative à l'exposition au DDT. De l'avis des auteurs, cette association est plausible sur le plan biologique, car il a été démontré que les composés à base de DDT ont un effet anti androgène qui peut entraîner une diminution de la numération des spermatozoïdes en inhibant l'action de la testostérone sur les tissus cibles. Il convient cependant de noter qu'aucune étude épidémiologique antérieure n'a démontré que le DDT avait des effets sur la qualité du sperme. Par ailleurs, l'absence de liens entre les mesures du DDT et les autres paramètres de la fonction sexuelle laisse croire que des facteurs autres que le DDT pourraient être en cause dans la diminution de la qualité globale du sperme, chez la population à l'étude. Enfin, il faut souligner l'absence de témoins externes, qui constitue une des lacunes des études transversales. Une comparaison avec des paramètres mesurés chez des hommes habitant dans la même région, sans être exposés au DDT dans le cadre de leur travail, aurait peut être mis en lumière d'autres facteurs ayant influé sur les résultats obtenus.

 



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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