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Auteurs
Hardell, L., B. van Bavel, G. Lindström, M. Carlberg, A.C. Dreifaldt, H. Wijkström, H. Starkhammer, M. Eriksson, A. Hallquist et T. Kolmert

Titre
Increased concentrations of polychlorinated biphenyls, hexachlorobenzene and chlordanes in mothers to men with testicular cancer

Journal
Environmental Health Perspectives, sous presse

Résumé
Selon certaines hypothèses, une exposition accrue aux œstrogènes avant la naissance pourrait nuire au développement de l'appareil reproducteur masculin. Le cancer des testicules se développe à partir de carcinomes in situ (CIS) lesquels, croit on, proviendraient de cellules germinales qui auraient échappé à la différenciation normale in utero. La cryptorchidie, c'est à dire l'absence d'un ou des deux testicules dans le scrotum à la naissance, est un facteur de risque connu du cancer des testicules. Des études sur des animaux ont révélé que des taux élevés d'œstrogènes durant le premier trimestre de la grossesse augmentaient le risque de cancer des testicules et de cryptorchidie. Suite à cette observation, des craintes ont été exprimées quant aux effets des substances chimiques exogènes à action œstrogène mesurées chez la mère et le développement de l'appareil reproducteur masculin des descendants.

Des études expérimentales ayant démontré que certains polluants organiques persistants, ou POP, avaient des propriétés œstrogènes, la présente étude avait pour but de déterminer les concentrations sanguines de certains POP chez les hommes souffrant de cancer des testicules et chez leurs mères et de comparer ces concentrations à celles observées chez un groupe témoin formé d'hommes non atteints du cancer des testicules et de leurs mères. Les cas incidents de cancer des testicules, déclarés entre 1997 et 2000 dans quatre hôpitaux de la Suède, ont été inclus dans l'étude, pour laquelle des échantillons de sang ont été prélevés des sujets et de leur mère. Tous les cas (n = 58) ont accepté de participer; 22 hommes étaient atteints d'un cancer de type séminome et 36, de non séminomes (soit 28 cas de carcinome embryonnaire et 8 cas de tératome). Les témoins ont été sélectionnés à partir du registre de la population de la Suède, lequel attribue à chaque habitant de Suède un numéro d'identification unique. Les témoins ont été sélectionnés au hasard à l'intérieur de strates d'âge de cinq ans (l'écart d'âge entre les mères des groupes cas/témoin devait être inférieur à 5 ans). Le taux de refus a été faible (n = 15) et, au total, 61 témoins ont été recensés. Les échantillons de sang des cas et des témoins (et de leurs mères respectives) ont été analysées pour déterminer la teneur de différents polluants organiques persistants (POP).

Les résultats obtenus montrent qu'un seul POP, soit le cis-nona-chlordane (OR = 2,6 (1,2-5,7)), était présent en concentrations plus élevées chez les sujets atteints de cancer des testicules. Chez les mères des sujets atteints, par contre, on a observé une concentration plus élevée de l'ensemble des BPC (OR = 3,8; IC = 1,4-10), d'hexachlorure de benzène (OR = 4,4; IC = 1,7-12), de trans-nona-chlordane (OR = 4,1; IC = 1,5-11), de cis-nona-chlordane (OR = 3,1; IC = 1,2-7,8) et de cis-chlordane (OR = 2,5; IC = 0,99-6,1).

Les résultats de cette étude semblent indiquer que les taux de certains POP, mesurés trois décennies après la période d'exposition censée avoir un effet critique sur le développement du cancer des testicules, ont été plus élevés chez les mères des Suédois atteints de cancer des testicules. Cependant, le fait que les taux sanguins aient été mesurés plusieurs années après l'exposition des sujets in utero constitue une lacune majeure de cette étude, l'intervalle moyen entre la période fœtale et le prélèvement des échantillons sanguins étant de 30 ans pour les cas et de 31 ans, pour les témoins. Les auteurs ont tenté de compenser pour cette lacune en appariant les mères des cas et des témoins en fonction de l'âge. Des appariements ont aussi été faits en fonction de l'allaitement et de l'indice de masse corporelle, deux facteurs ayant une incidence connue sur les taux de contaminants chez les femmes. Il est possible toutefois que, durant cette période, des différences personnelles soient apparues entre les profils d'exposition et le métabolisme des femmes. Selon les estimations, la demi vie des BPC varie de 7 à 30 ans; les différences dans l'exposition observées dans cette étude pourraient donc refléter les niveaux variables d'exposition durant la grossesse, et cette hypothèse devra être étudiée plus en profondeur.

 



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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