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Auteurs
Shaw, I. et S. McCully

Titre
Examen de l'incidence potentielle des perturbateurs endocriniens alimentaires chez les humains

Journal
International Journal of Food Science and Technology, 37: 471-476, 2002

Les humains sont exposés à des substances à action endocrine (SAE), par le biais des aliments, de l'eau, de l'air, du sol et des produits d'entretien domestique. Certains produits chimiques de synthèse s'accumulent dans les tissus adipeux des animaux et des humains et sont souvent transmis aux descendants et aux prédateurs. À fortes doses, certaines substances à action endocrine peuvent avoir un effet sur le système endocrinien des animaux, en particulier durant les phases critiques du développement. Les phytoestrogènes et les produits chimiques de synthèse ont été associés à un certain nombre d'effets nocifs sur la santé des animaux, notamment sur le système reproducteur et le développement.

Les auteurs de la présente étude ont cherché à évaluer l'apport alimentaire de SAE, en vue d'évaluer les risques relatifs de ces substances pour les humains. L'ingestion quotidienne de phytoestrogènes (p. ex., la génistéine du soya), de plastifiants et de pesticides a été calculée à partir des données sur l'apport alimentaire et des taux connus de ces " xénoestrogènes " dans les aliments. Il a été déterminé qu'un œstrogène exogène avait un impact pharmacologique important, lorsque sa concentration plasmatique correspondait à une proportion importante de la concentration d'œstrogènes endogènes chez les humains de sexe masculin, ou y était supérieure. À partir des calculs de l'auteur, il a été déterminé que la quantité de pesticides et de plastifiants œstrogéniques ingérée par le biais de l'alimentation était trop faible (comparativement à la dose et à la puissance de l'œstradiol endogène) pour produire des effets physiologiques. Par contre, les concentrations sanguines de phytoestrogènes (coumestrol, génistéine et génistéine) étaient environ huit fois supérieures aux taux normaux d'œstrogènes endogènes chez les hommes, ce qui laisse croire que l'apport alimentaire de phytoestrogènes pourrait avoir un effet physiologique.

Il est important de tenir compte du fait que certaines hypothèses ont été formulées pour le traitement des données; les calculs présentés ici représentent donc le pire des scénarios. On a présumé, par exemple, que tous les aliments consommés contenaient des résidus aux doses les plus élevées, que l'apport alimentaire moyen incluait tous les types d'aliments et que les xénoestrogènes étaient complètement absorbés. Les données présentées ici indiquent que la consommation de phytoestrogènes a entraîné une augmentation de la concentration des œstrogènes endogènes chez les hommes. Selon les auteurs, la diminution de la numération des spermatozoïdes chez les hommes, au cours des cinq dernières décennies, pourrait être associée à la popularité croissante du régime végétarien ainsi qu'à la consommation de produits à base de soya, car les céréales (p. ex., le soya), les légumes et les fruits contiennent des phytoestrogènes. Cependant, on ne possède au plus que des données isolées pour corroborer ce lien hypothétique avec une diminution de la numération des spermatozoïdes, et cette question demeure controversée.

 



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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