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Auteurs
Shields T, G. Gridley, T. Moradi, J. Adami, N. Plato et M. Dosemeci

Titre
Occupational exposures and the risk of ovarian cancer in Sweden

Journal
American Journal Indian Medicine, 2002; 42(3): 200-13

Sommaire
Le cancer de l'ovaire est le sixième cancer le plus répandu chez les femmes. Un grand nombre d'études ont examiné le lien entre les expositions professionnelles et environnementales et le risque de cancer de l'ovaire, mais les résultats obtenus sont non concluants ou contradictoires ou ils s'appuient sur des études mal conçues. Cet article présente les résultats d'une vaste étude sur le lien entre le cancer de l'ovaire et la profession, en Suède. Les auteurs ont utilisé le registre national du cancer et de l'environnement de la Suède (CER III), pour examiner le lien possible entre le risque de cancer de l'ovaire et l'ensemble des professions et industries en Suède. Les données ont été recueillies auprès de Suédoises qui travaillaient entre 1960 et 1970 et qui ont fait l'objet d'un suivi entre 1971 et 1989. Les professions ont été classées selon les codes à trois chiffres de la classification type des professions. Pour cette étude, seules les industries et les professions étant associées à au moins 20 cas de cancer de l'ovaire ont été utilisées. L'analyse de régression de Poisson a été appliquée pour estimer le risque relatif de cancer de l'ovaire en regard d'une exposition professionnelle précise. Les analyses des groupes de professions et d'industries n'ont été corrigées qu'en fonction de l'âge actuel. Une évaluation de l'exposition professionnelle a aussi été faite dans le cadre de cette étude, pour classer chaque exposition professionnelle et industrielle selon qu'il s'agissait d'une exposition à des solvants, à l'amiante, au diesel, à des rayonnements ionisants, à des rayonnements électromagnétiques ou à des pesticides.

Au total, 9 591 cas de cancer de l'ovaire ont été recensés parmi 1 670 517 femmes. L'exposition à long terme dans certaines professions a été associée à un risque accru de cancer de l'ovaire. Résultat statistiquement significatif, le risque de cancer de l'ovaire a été au moins 50 % plus élevé chez les ingénieures et les techniciennes en mécanique, en chimie et d'autres domaines techniques, chez les religieuses, les femmes travaillant dans les domaines de la chaussure, de la fabrication de chocolat et de bonbons, du papier et de l'emballage, les femmes travaillant dans des entrepôts, des services d'approvisionnement et des nettoyeurs de même que chez les psychologues et les travailleuses sociales, que chez les femmes ayant déclaré un emploi dans un autre domaine durant la même période. Les résultats indiquent également que les femmes qui ont travaillé dans des domaines précis, durant les années 60 et 70, ont été plus susceptibles de présenter un risque accru de cancer de l'ovaire que les femmes n'ayant travaillé que durant une de ces deux périodes. Donc, l'exposition professionnelle prolongée comporte un risque plus élevé que l'exposition à court terme.

Par ailleurs, bien que le risque de cancer de l'ovaire chez les femmes travaillant dans un service de nettoyage à sec a été largement étudié, les données à l'appui de ce lien sont faibles (Shen et al., 1998). Dans la présente étude, les auteurs ont observé un risque nettement plus élevé de cancer de l'ovaire chez les femmes qui avaient travaillé comme blanchisseuses en 1960 et comme presseuses en 1970. Ils ont aussi remarqué que le risque était au contraire généralement moindre chez les femmes du domaine de la santé. Les résultats de cette étude montrent également qu'un travail à long terme dans le domaine du jardinage présente aussi un risque accru de cancer de l'ovaire. D'autres ont émis l'hypothèse que l'incidence accrue de cancer de l'ovaire chez les enseignantes était souvent dû au fait que ces personnes ont leurs enfants à un âge plus avancé ou ont moins d'enfants. La relation entre l'activité physique au travail et le cancer de l'ovaire demeure indéterminée et pourrait fournir une meilleure mesure de l'activité physique globale et mérite d'être étudiée plus à fond.

Le suivi exhaustif et détaillé de l'incidence du cancer de l'ovaire, la taille de la cohorte, ainsi que l'évaluation de l'exposition à deux périodes différentes (à dix ans d'intervalle), sont toutes des caractéristiques uniques de cette étude. En revanche, l'utilisation du titre de poste pour déterminer les agents étiologiques susceptibles d'être en cause est une lacune de cette étude, compte tenu du risque d'erreurs aléatoires de classification. De plus, les auteurs n'ont pas tenu compte des facteurs confusionnels, comme le style de vie ou la prise de contraceptifs oraux, ni de leurs effets relatifs sur le risque de cancer de l'ovaire.

 



© Droits d'auteur Centre McLaughlin, Institut de recherche sur la santé de la population, Université d'Ottawa
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