Auteurs
Toledano M.B., A.L. Hansell, L. Jarup, M. Quinn, S. Jick et P. Elliott
Titre
" Temporal trends in orchidopexy, Great Britain, 1992-1998 "
Journal
Environmental Health Perspectives, 111(1) : 129-32, 2003.
Sommaire
La cryptorchidie fait référence à l'absence
d'un, ou des deux, testicules dans le scrotum. Ce testicule non descendu
peut se trouver n'importe où le long de sa trajectoire de descente,
par exemple à l'intérieur de la cavité abdominale,
dans le canal inguinal (l'aine) ou dans un autre endroit ectopique.
Le diagnostic et le traitement chirurgical précoces de la non
descente des testicules sont essentiels pour en prévenir les
conséquences indésirables. L'orchidopexie est une intervention
chirurgicale bien établie, qui consiste en l'abaissement des
testicules dans le scrotum. Cette intervention est généralement
pratiquée chez les enfants de plus d'un an, car il n'est pas
rare que l'abaissement des testicules se fasse naturellement durant
la première année de vie, mais que cela se produit rarement
après l'âge d'un an. L'orchidopexie est pratiquée
dans le but de prévenir les problèmes qui pourraient être
associés à la cryptorchidie, notamment les problèmes
d'infertilité, les cancers des cellules germinales testiculaires,
la torsion des testicules et les hernies inguinales.
Entre les années
1950 et 1980, un taux croissant de cryptorchidie a été
signalé en Grande Bretagne et aux États Unis. Dans le
cadre d'une enquête plus large visant à évaluer
l'évolution du cancer des testicules en Grande Bretagne, Toledano
et al. ont cherché à déterminer l'épidémiologie
de la cryptorchidie entre 1992 et 1998 en Angleterre, au Pays de Galles
et en Écosse. La pratique de l'orchidopexie a été
utilisée comme marqueur de la cryptorchidie, cette incidence
étant déterminée à partir des données
sur les hospitalisations et de la base de données GPRD (General
Practice Research Database). Les résultats de leur analyse font
état d'une diminution de 33 % du taux d'orchidopexie chez les
enfants de 0 à 14 ans, la baisse la plus forte (50 %) ayant été
notée dans le groupe des 5 à 9 ans. Les taux d'orchidopexie
sont par contre demeurés stables chez les hommes de plus de 15
ans. À noter par ailleurs que ces tendances ont été
observées dans chaque région de l'Angleterre, du Pays
de Galles et de l'Écosse.
Certains effets
négatifs sur la reproduction chez les humains, notamment l'incidence
accrue de cryptorchidie et du cancer des testicules, ont été
liés à une exposition à des perturbateurs endocriniens
présents dans l'environnement. À noter toutefois que les
résultats de la présente étude ne corroborent pas
l'hypothèse d'une diminution récente de la différenciation
sexuelle chez l'homme. Il est possible que les récentes recommandations
visant à déceler et à traiter chirurgicalement
la cryptorchidie entre l'âge de six mois et de deux ans pourraient
avoir eu une incidence sur le taux d'orchidopexie. Il est également
probable que la baisse du taux d'orchidopexie s'explique en partie par
une diminution du nombre d'interventions chirurgicales pratiquées,
à tort, pour corriger des testicules rétractiles. Enfin,
bien qu'on ne puisse écarter la possibilité d'une augmentation
de la prévalence de la cryptorchidie, il aurait fallu que cette
hausse s'accompagne d'une amélioration sensible du diagnostic
de la cryptorchidie au cours d'une courte période, ce que les
auteurs considèrent comme un scénario peu probable.