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Auteurs
Elisabete Weiderpass et al. Cancer Epidemiology Biomarkers & Prevention, vol. 9, 487-493, 2000

Titre
Les organochlorés et le cancer de l'endomètre

Journal
Cancer Epidemiology Biomarkers & Prevention

Sommaire
Bien des gens craignent que certains polluants environnementaux, comme le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) et les biphényles polychlorés (BPC), puissent causer le cancer chez les humains ou contribuer à sa manifestation. En effet, malgré leur faible pouvoir œstrogénique, les organochlorés pourraient accroître l'exposition globale aux œstrogènes et, de ce fait, augmenter le risque de cancer du sein. Selon les auteurs du présent article , les effets nocifs des organochlorés œstrogéniques devraient être plus faciles à déceler dans l'endomètre, car celui-ci est plus sensible à la stimulation œstrogénique que les seins. La présente étude avait donc pour but de vérifier l'hypothèse voulant que des concentrations sanguines élevées de certains organochlorés précis sont associées à un risque accru de cancer de l'endomètre. Pour ce faire, les auteurs ont procédé à une étude cas-témoin basée sur la population, sur l'exposition à des pesticides organochlorés et à des congénères des BPC chez 154 sujets atteints de cancer de l'endomètre et 205 sujets témoins de Suède. Les sujets choisis pour cette étude sont des femmes âgées de 50 à 74 ans qui, entre février 1996 et novembre 1997, ont résidé dans les 12 comtés de la Suède comptant les plus grands lacs du pays. Les auteurs ont présumé que l'apport de composés organochlorés, par l'ingestion de poisson contaminé, serait plus élevé dans ces comtés qu'ailleurs en Suède. Comme l'hormonothérapie substitutive ou l'hystérectomie sont des facteurs de risque connus du cancer de l'endomètre, les femmes déclarant ces facteurs ont été exclues de l'étude; 134 femmes souffrant de cancer de l'endomètre ont aussi été exclues parce qu'elles avaient eu recours à une hormonothérapie substitutive; il restait donc 154 cas pour l'étude. La portion lipidique des échantillons de sérum a été analysée pour déterminer leur teneur en 10 pesticides organochlorés et 10 congénères des BPC. Chez les sujets expérimentaux, les échantillons ont été prélevés immédiatement après l'établissement du diagnostic, mais avant la chirurgie ou toute autre thérapie anticancéreuse. Aucune différence n'a été observée entre les sujets expérimentaux et témoins, en ce qui a trait au profil de consommation de poisson; la pratique de ''allaitement (une importante voie d'excrétion des composés organochlorés) a cependant été plus fréquente chez les femmes du groupe témoin.

Parmi les métabolites du DDT, le p,p'-DDE (principal métabolite du p, p'-DDT) est celui dont la concentration a été la plus élevée (600 à 700 ng/g de lipides), la concentration moyenne des autres pesticides étant habituellement inférieure par un facteur d'au moins 10. Pour tous les composés, l'intervalle d'exposition était considérable, tant chez les sujets expérimentaux que témoins. Dans l'analyse des données non corrigées, les concentrations médianes de p,p'-DDT, p,p'-DDE, ß-HCH et oxychlordane ont été plus élevées chez les sujets expérimentaux que chez les témoins. Cependant, après correction en fonction de l'âge et de l'IMC aux fins de l'analyse de régression logistique, la valeur du OR se situait près de l'unité et aucun lien entre l'exposition et le risque n'a été observé, quel que soit le quartile représentant la concentration de contaminants. Les analyses sur les organochlorés envisagés comme variables continues n'ont révélé aucune association entre le risque de cancer de l'endomètre et aucun des 10 pesticides à l'étude. Parmi les 10 congénères des BPC, le BC153 est celui dont la concentration a été la plus élevée (moyenne d'environ 236 ng/g de lipides); par contre, les concentrations des congénères BC28, BC52 et BC102 ont souvent été inférieures aux limites de quantification (2 ng/g de lipides). Les concentrations moyennes non corrigées de BC28 et BC118 ont été plus élevées chez les sujets expérimentaux que chez les témoins. Cependant, après correction, aucune tendance significative n'a été observée en ce qui a trait au risque associé à ces produits. Enfin, l'analyse en continu des mesures des 10 différents BPC n'a révélé aucune association significative entre aucun de ces congénères et le risque de cancer de l'endomètre. Après normalisation en fonction de la teneur en lipides des différents tissus, la concentration moyenne d'organochlorés se situait dans la partie inférieure de l'intervalle, ce qui est contraire aux concentrations mesurées chez des sujets témoins lors d'études antérieures sur le cancer du sein réalisées en Amérique du Nord et en Europe et pour lesquelles l'échantillonnage avait été effectué à la fin des années 80 et au début des années 90 – les concentrations moyennes avaient alors fluctué entre 1 020 et 2 200 ng/g de lipides pour le p,p'-DDE et entre 350 et 1 300 ng/g lipides pour l'ensemble des BPC. L'exposition moyenne légèrement inférieure dans la présente étude (échantillonnage réalisé en 1996-1997) reflète, du moins en partie, la baisse constante de l'utilisation de ces produits en Europe et en Amérique du Nord depuis leur interdiction. Les données présentées ne corroborent pas l'hypothèse voulant que, dans cette population, l'exposition aux composés organochlorés augmente le risque de cancer de l'endomètre.


 



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